résidence Jean Chatelus – Cité internationale des arts

La Fondation Antoine de Galbert et la Cité internationale des arts se sont associées pour co-construire un programme de résidences inédit.

Héritière de l’exceptionnelle collection de Jean Chatelus : plus de 400 œuvres d’art contemporain, premier et populaire, réunis par le collectionneur pendant une cinquantaine d’années avec une grande liberté de regard, la Fondation Antoine de Galbert en fait don au Centre Pompidou. En lien avec ce legs, un artiste invité, dont le travail résonne avec l’esprit de la collection Jean Chatelus, bénéficie chaque année, pour une durée d’un an, d’un accompagnement sur mesure, d’un atelier-logement de 65 m² sur le site du Marais de la Cité internationale des arts, d’une bourse de vie et d’une aide à la production.

Atelier Jean Chatelus - Fondation Antoine de Galbert x Cité internationale des arts

Jon Pylypchuk (Winnipeg, Canada, 1972) est le lauréat de la troisième résidence Jean Chatelus – Fondation Antoine de Galbert x Cité internationale des arts. 

Deux œuvres de l’artiste font partie de la collection Jean Chatelus, offerte par la Fondation Antoine de Galbert au Centre Pompidou en 2023.

Résidence à la Cité internationale des arts du 12 septembre 2026 au 26 juin 2027. 

Jon Pylypchuk étudie à la School of Art de l’université du Manitoba. En 1996, avec notamment Michael Dumontier, Marcel Dzama, Neil Farber, Drue Langlois et Adrian Williams, il co-fonde le Royal Art Lodge (1996-2008), un collectif d’artistes basés à Winnipeg réunis autour d’une pratique de dessins, de peintures et de textes réalisés à plusieurs mains. Il quitte le groupe à la fin des années 1990 pour s’installer à Los Angeles.

Artiste multidisciplinaire, Jon Pylypchuk crée des sculptures, des installations, des dessins et des peintures qui mettent en scène des créatures hybrides à partir de matériaux pauvres (fausse fourrure, bois, vêtements, canettes, ampoules, mousse de polyuréthane, etc.). Tantôt animales, tantôt fanto¬matiques, sorties de l’univers des contes ou des cartoons, elles prennent vie en interaction entre elles, avec le public ou à travers des expressions humaines le plus souvent empruntées au registre de la tristesse, de l’anxiété, de la peur ou de la souffrance. Trouvant son vocabulaire dans les arts plastiques après un passage par la musique, Jon Pylypchuk se dit meilleur écrivain que dessinateur. Les titres poétiques qu’il donne à ses œuvres, romantiques ou vulgaires mais toujours passionnelles, jouent ainsi du contraste entre une esthétique naïve dérivée de l’art brut ou du folklore manitobain et un phrasé laissant transparaître un regard acéré sur les mécanismes sociaux ou émotionnels. Souvent blessés, en deuil, ivres, drogués ou déprimés, les personnages imaginés par Jon Pylypchuk incarnent son intérêt pour le côté sombre de la condition humaine. La mort, la perversité, la solitude, la guerre, la maladie, la fragilité et l’absurdité de l’existence sont ainsi dépeintes avec l’humour et l’empathie comme seules armes de résistance.

jon pylypchuk 2026-2027

Jon Pylypchuk, photo : Joshua White
Jon Pylypchuk, In a year or so I will forgive you crippled eye and all, 2006. Collection Jean Chatelus, donation de la Fondation Antoine de Galbert au Centre Pompidou, 2023

L’artiste invitée pour cette deuxième année de résidence est la japonaise Nobuko Tsuchiya (Yokohama, Japon, 1972).

Résidence à la Cité internationale des arts du 18 septembre 2025 au 30 juin 2026. 

Par son usage intuitif des matériaux, Nobuko Tsuchiya construit des éléments et des strates délicates qui s’intègrent au paysage constituant l’ensemble d’une œuvre sculpturale. Son langage visuel reflète une compréhension profonde des caractéristiques propres à chaque matériau. Dans son travail, elle explore les limites physiques de ces derniers afin de créer des sculptures à la fois sensibles et audacieuses. Nobuko Tsuchiya transforme avec précision des objets banals et des matériaux de rebut en microcosmes intrigants. Chaque fragment de ses assemblages instinctifs et libérés – chaque surface, chaque composant, chaque forme – entre en dialogue poétique avec les autres et avec l’environnement qui les entoure.

Dans le cadre de la Nuit Blanche , la Cité internationale des arts ouvre ses portes jusqu’à minuit le samedi 6 juin 2026 et propose dans la vitrine une installation inédite de Nobuko Tsuchiya : Menu of the day.

Monographie de Nobuko Tsuchiya publiée par la fondation dans la collection Un Certain Désodre

nobuko tsuchiya 2025-2026

Photo : Cité internationale des arts © Maurine Tric / Adagp Paris, 2026
Exposition "Menu of the Day", Cité internationale des arts (vitrine), du 6 au 27 juin 2026 © Maurine Tric / Adagp Paris 2026

L’artiste invité pour la première édition est l’argentin Diego Bianchi. 

Résidence à la Cité internationale des arts du 6 novembre 2024 au 25 juin 2025. 

Diego Bianchi est né en 1969 à Buenos Aires, en Argentine. Il est représenté par la galerie Jocelyn Woff à Paris.

L’œuvre de Diego Bianchi se compose de matériaux visuellement transgressifs, rassemblant des objets mis au rebut tels que des chaises, des tuyaux, des appareils électroniques ou des moulages de parties du corps.

Sa pratique comprend des sculptures, des installations, de l’art vidéo, des photographies et des éléments de performance, qui examinent les normes esthétiques ainsi que des sujets sociopolitiques. L’artiste se concentre sur les traces formelles et le plus souvent chaotiques du consumérisme, en particulier les retombées des dommages économiques néolibéraux. L’un des thèmes dominants du travail de Bianchi est l’utilisation du corps humain comme élément artistique et constructif. Il propose une apothéose des situations quotidiennes, comme le déraillement de l’excès humain et l’ordre anarchique qu’il produit.

Diego Bianchi avait participé à l’exposition My Buenos Aires à La maison rouge en 2015.

Dans la cadre de la Nuit Blanche 2025, la Cité internationale des arts invite Diego Bianchi à proposer une performance immersive présentée dans la cour principale, Cat Walk : Défilé Suspendu. Pensée comme un tableau vivant en perpétuelle mutation, cette œuvre explore le mouvement, le chaos et l’image figée, en dialogue avec le lieu et le public. Entre immobilité et action, les corps des performeurs créent un langage visuel singulier, troublant nos repères et ouvrant de nouvelles perceptions du présent.

Monographie de Diego Bianchi publiée par la fondation dans la collection Un certain désordre

diego bianchi 2024-2025

Photo : Cité internationale des arts © Maurine Tric / Adagp Paris, 2025
Performance de Diego Bianchi pendant la Nuit Blanche 2025. Photo : Cité internationale des arts © Maurine Tric / Adagp, Paris 2025